Les eaux glacées
REMOUS
Assainissement non collectif (5) : les arrêtés dapplication de la LEMA
par Marc Laimé, 26 septembre 2007Les nouvelles dispositions prévues par la loi sur leau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 en matière dassainissement non collectif nen finissent pas de faire des vagues. Alors que des dizaines de milliers dusagers doivent se soumettre à des contrôles de conformité de leurs installations, dans des conditions qui suscitent parfois la polémique, la Direction de leau du Medad peine à rédiger deux arrêtés dapplication concernant lassainissement non collectif. Situation qui pourrait si elle perdure provoquer des mises en cause de la légalité des contrôles actuellement effectués par les collectivités ou leurs délégataires.
Deux projets darrêtés concernant lassainissement non collectif ont déjà été présentés à deux reprises par la Direction de leau devant le Comité national de leau (CNE), les 24 mai et 13 septembre 2007
Le premier projet darrêté fixe les « prescriptions techniques applicables aux installations dassainissement non collectif recevant une charge brute de pollution organique inférieure ou égale à 1,2 kg de DBO5. »
Le second projet darrêté est « relatif aux modalités dexécution des opérations de contrôle des installations dassainissement non collectif. »
Une version modifiée de ce second projet a été à nouveau examinée pour avis par le CNE dans sa séance du 13 septembre 2007, suite aux observations formulées lors de sa précédente séance du 24 mai 2007.
Les débats ont à chaque fois été très animés. Plusieurs intervenants avaient notamment fait observer que le projet initial favorisait le « tout béton » et ignorait les filières de roseaux plantés.
La seconde version, présentée le 13 septembre devant le CNE innove en abordant les filières de roseaux plantés, et évoque même les « toilettes sèches » ! La joyeuse confrérie des « autarciques » à des soucis à se faire
Reste que le débat du 13 septembre a confirmé que dans leur rédaction actuelle les deux projets darrêtés posaient encore nombre de problèmes
En létat ils doivent donc être à nouveau réécrits, soumis pour avis au Comité interministériel de leau, puis au CNE, avant quune publication puisse être envisagée, ce qui risque donc de demander encore plusieurs mois.
Comme il nexiste donc pas encore de normes techniques ayant valeur légale, les modalités dexécution de la mission de contrôle des installations dANC ne peuvent donc pas davantage revêtir une quelconque forme légale ou réglementaire.
On peut donc sinterroger sur la légalité des contrôles actuellement imposés aux usagers, sur la base de normes techniques qui ne sont pas encore légalement définies Une situation passablement surréaliste qui ne va pas calmer le jeu dans un domaine déjà sensible, si lon en croit, et les difficultés rencontrées par les collectivités qui doivent procéder à ces contrôles, et la grogne croissante des usagers qui sinterrogent sur la légalité de ces mêmes contrôles.
Pire encore, il nest pas totalement impossible que des installations déjà déclarées conformes ne le soient plus après la publication de ces arrêtés !
La chronique de lANC semble donc promise à un bel avenir.
Voir les deux projets darrêtés :
Projet arrêté prescriptions techniques ANC
Projet arrêté contrôle installations ANC Un témoignage accablant
Plus généralement notre « grand bazar » semble décidément parfois tourner à la foire dempoigne, si lon en croit ce témoignage amer et désabusé dun usager du Nord de la France, membre de lADCU de Mont Bernenchon :« Actuellement les prescriptions techniques sont celles fixées par larrêté du 6 mai 1996. Les projets darrêtés reprennent dautres circulaires, dont celle du 22 mai 1997.
On fait du neuf avec de lancien, mais quelle est la formation des contrôleurs ?
On oublie les habitations actuellement situées en zonage dassainissement collectif mais dont le réseau est inexistant.
Les installations doivent être aux normes, mais peut-t-on exiger des travaux coûteux ?
Pour le rapporteur de la LEMA à lAssemblée nationale, M. André Flajolet : « Les retards sont de la faute des collectivités. »
Pour les prix cest la jungle. Le service public nest pas toujours le moins cher.
En forfait les prix vont de 1 à 3 (exemple 53€ pour la CAL, 95, 135 pour dautres), ou plus pour une même prestation au forfait selon la collectivité, ou à géométrie variable sur le m3 consommé.
Dautres collectivité font payer trimestriellement pour faire passer la pilule de ce que jappelle un racket car je rappelle que la redevance dassainissement non collectif ne peut être payée que lorsque le contrôle de linstallation a été effectivement réalisé (réponse ministérielle n° 35007 de Philippe Arnaud, JO Sénat du 28 mars 2002, page 927 etc).
De fait de nombreuses collectivités perçoivent la redevance sans avoir effectué de contrôle, avec la bénédiction des autorités préfectorales et des agences de leau qui tablent sur la lassitude des usagers.
Dans notre région, on en est à 17 reports devant le Tribunal dinstance de Béthune pour 60 habitants de Chocques : 8 ans de procédure, le Tribunal dinstance renvoie au Tribunal administratif, qui renvoie au Conseil dEtat, à nouveau le Tribunal dinstance, puis, après cassation, nouveau renvoi devant le Tribunal dinstance .
On gaspille largent du contribuable en pure perte.
Dans une autre instance, la mairie dAnnezin a fini par être déclarée fautive après 9 ans de recours, mais sans pour autant que le tribunal ne prononce une quelconque sanction ou indemnisation des plaignants
Les collectivités seront donc heureuses dapprendre que la jurisprudence leur permet de percevoir la redevance dassainissement sans jamais avoir fixé les tarifs avec la bénédiction de la justice administrative !
En résumé le service public de lassainissement non collectif se saborde lui- même : disparité des prix pour un même service, abus, délégation aux entreprises privées, « contrôle-racket », non application du CGCT, la liste est longue
Que penserait la commission de la concurrence de Bruxelles si elle était saisie, commission si prompte à tirer à boulets rouges sur les services publics ?
A force de tirer sur la ficelle nombre délus irresponsables vont scier la branche sur laquelle ils étaient assis. Pourquoi ne pas privatiser alors que lon abuse des délégations de services publics ? »
Source : Les eaux glacées du calcul égoïste -- Assainissement non collectif ...REMOUS. Assainissement non collectif
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